{"id":5587,"date":"2018-11-11T18:22:54","date_gmt":"2018-11-11T17:22:54","guid":{"rendered":"https:\/\/latraversiere.fr\/?p=5587"},"modified":"2021-07-14T12:00:46","modified_gmt":"2021-07-14T10:00:46","slug":"le-feuilleton-du-fifre-entretien-avec-jean-michel-lhubac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latraversiere.fr\/en\/webzine\/entretien\/le-feuilleton-du-fifre-entretien-avec-jean-michel-lhubac\/","title":{"rendered":"Le feuilleton du fifre \u2013 Entretien avec Jean-Michel Lhubac"},"content":{"rendered":"
Sorry, this entry is only available in French<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p> Dans cet \u00e9pisode du \u00ab Feuilleton du fifre \u00bb, Sylvain Roux s’entretient avec Jean-Michel Lhubac, auteur d’une m\u00e9thode de fifre. Ensemble, ils reviennent sur l\u2019histoire du fifre dans le Languedoc.<\/strong><\/p>\n 1\/ Comment es-tu entr\u00e9 dans l\u2019univers du fifre ? En quelle ann\u00e9e as-tu commenc\u00e9 \u00e0 pratiquer cet instrument ? <\/strong><\/span><\/p>\n Je me suis install\u00e9 en septembre 1981, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 20 ans, \u00e0 Cournonterral, village de l\u2019H\u00e9rault r\u00e9put\u00e9 pour son carnaval exceptionnel. L\u00e0, mes voisins, \u00e2g\u00e9s de 6-7 ans de plus que moi, proposaient un atelier de fifre et tambour. Comme mon instrument premier est la trompette, et que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 assez difficile \u00e0 jouer et que je pratiquais \u00e9galement la guitare, la fl\u00fbte \u00e0 bec et l’harmonica, je me suis dissuad\u00e9 d\u2019apprendre un nouvel instrument !<\/p>\n Mais comme ils \u00e9taient sympas, j\u2019y suis all\u00e9 pour leur faire plaisir, et l\u00e0, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 conquis… par un simple fifre en PVC, et tout ce que l\u2019on peut faire avec ! 2\/ Peux-tu nous parler de la pr\u00e9sence historique du fifre dans le Languedoc ? Quelles traces trouve-t-on au niveau des Archives ?<\/strong><\/span><\/p>\n Les plus anciennes attestations du fifre en Languedoc remontent d\u00e8s la fin de la Guerre de Cent Ans, donc au milieu XVe si\u00e8cle, cit\u00e9 par Claude Achard1<\/sup>. C\u2019est le nom d\u2019Antoine Girard, fifre de P\u00e9zenas qui est cit\u00e9 dans les Archives.<\/p>\n Puis, au XVIe si\u00e8cle, p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019on fait plus g\u00e9n\u00e9ralement remonter son introduction sur le sol fran\u00e7ais, on en trouve une trace pr\u00e9cise dans l\u2019ouvrage bien connu et fort pr\u00e9cieux \u00ab Notes de Voyage de Deux Etudiants B\u00e2lois \u00bb, des fr\u00e8res Platter, en 1555. Ces deux chroniqueurs de la vie montpelli\u00e9raine, bien qu\u2019\u00e9tudiants \u00e0 Basel, \u00e9tant Valaisans d\u2019origine, ils connaissaient donc bien le fifre et d\u00e9crivent avec pr\u00e9cision sa pr\u00e9sence durant le carnaval de Montpellier, description que Robert Merle empruntera largement dans un chapitre de \u00ab En Nos Vertes Ann\u00e9es \u00bb, quatre cents ans plus tard !<\/p>\n Depuis, le fifre intervient dans de nombreuses f\u00eates populaires, carnavals, etc., il accompagne les animaux tot\u00e9miques et fait danser lors des bals dans les remises. (1) In Claude Achard, Poulains et Bestiaires Magiques, ed Tintamarre, Maraussan, 2011.<\/p>\n \n\n L\u00e0 aussi, \u00e7a n\u00e9cessiterait un long d\u00e9veloppement !<\/p>\n Pour faire court, les animaux tot\u00e9miques sont une r\u00e9miniscence des anciennes traditions chamaniques que l\u2019on trouve dans le monde entier. <\/p>\n Le cheval \u00e9tant la monture de pr\u00e9dilection des chamanes (puisqu\u2019il est psychopompe), il \u00e9tait figur\u00e9 anciennement par un simple b\u00e2ton enfourch\u00e9 par celui-ci, puis le b\u00e2ton s\u2019est affubl\u00e9 d\u2019une t\u00eate, ou simulacre de t\u00eate. <\/p>\n Ensuite, le cheval prend corps sous la forme d\u2019une planche horizontale, munie d\u2019un trou \u00e0 travers laquelle \u00ab le cavalier \u00bb passe son corps, et prolong\u00e9 par une jupe. L\u2019homme (grim\u00e9 et habill\u00e9 en femme !) est donc moiti\u00e9 cheval, moiti\u00e9 humain; les sources datent du XIIIe si\u00e8cle (voir notre chansonnier tot\u00e9mique vol3).<\/p>\n Progressivement, le cheval se mute en diff\u00e9rents animaux qui sont fonction des mythes fondateurs de chaque cit\u00e9. Au fil du temps, pr\u00e8s d\u2019une centaine de communes languedociennes ont vu na\u00eetre leur animal tot\u00e9mique !<\/p>\n
\nAu carnaval 1982, je commen\u00e7ai donc \u00e0 jouer en circonstance…<\/p>\n
\nJe consacre cinq pages de la future m\u00e9thode de fifre \u00e0 sa pr\u00e9sence en Languedoc, donc difficile de r\u00e9sumer en un paragraphe !\n<\/p>\n
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\n3\/ Dans ta r\u00e9gion, depuis des si\u00e8cles, le fifre et le tambour accompagnent la sortie des animaux tot\u00e9miques lors des f\u00eates traditionnelles, d\u2019o\u00f9 viennent ces traditions ancestrales? Peux-tu nous pr\u00e9senter le d\u00e9roulement de certaines d\u2019entre elles?<\/strong><\/span>
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