{"id":9970,"date":"2020-05-31T11:30:19","date_gmt":"2020-05-31T09:30:19","guid":{"rendered":"https:\/\/latraversiere.fr\/?p=9970"},"modified":"2021-07-14T12:00:42","modified_gmt":"2021-07-14T10:00:42","slug":"le-feuilleton-du-fifre-entretien-avec-pierre-scheidt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latraversiere.fr\/en\/webzine\/entretien\/le-feuilleton-du-fifre-entretien-avec-pierre-scheidt\/","title":{"rendered":"Le feuilleton du fifre – Entretien avec Pierre Scheidt"},"content":{"rendered":"
Sorry, this entry is only available in French<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p> Sylvain Roux s’entretient dans ce nouvel \u00e9pisode du \u00ab Feuilleton du fifre \u00bb avec Pierre Scheidt Directeur artistique du festival des Fifres de Garonne.<\/strong><\/p>\n 1\/ En guise d\u2019introduction, peux-tu \u00e9voquer ton rapport \u00e0 la musique, quels sont les faits, les \u00e9v\u00e9nements qui t\u2019ont rapproch\u00e9 du monde musical lorsque tu \u00e9tais enfant, adolescent, comment l\u2019histoire a commenc\u00e9 pour toi ?<\/strong><\/span><\/p>\n Quand j\u2019\u00e9tais petit, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s souvent \u00e0 l\u2019Assistance Publique, donc c\u2019\u00e9tait un lieu de m\u00e9tissage o\u00f9 mes copains s\u2019appelaient Ali, Bertrand…, ils venaient de toutes les r\u00e9gions du monde, et puis, le soir, dans le dortoir, on se racontait des contes et des l\u00e9gendes. Et on avait, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, ce qu\u2019il n\u2019existe plus, des postes \u00e0 gal\u00e8ne, et on \u00e9coutait les musiques des uns, et des autres, c\u2019\u00e9tait un grand moment de ma petite jeunesse.
\nApr\u00e8s, j\u2019habitais \u00e0 Pantin, quelqu\u2019un m\u2019avait offert une fl\u00fbte traversi\u00e8re ; d\u00e9j\u00e0, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, je travaillais, j\u2019\u00e9tais apprenti plombier, je faisais aussi les march\u00e9s les samedis et les dimanches, et, avec cette fl\u00fbte, je suis all\u00e9 au Conservatoire.
\nJ\u2019ai appris les bases de la fl\u00fbte, sauf que \u00e7a n\u2019a pas dur\u00e9 tr\u00e8s longtemps, parce que le prof de fl\u00fbte faisait plus de bruit \u00e0 gueuler sur la mesure et \u00e0 taper du pied par terre, il ne m\u2019a jamais rien fait \u00e9couter, donc \u00e7a m\u2019a un peu refroidi !
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\nEt puis, au fil du temps, on a rencontr\u00e9 des copains, on a \u00e9cout\u00e9 de la pop music et, plus tard, dans le petit village de Pantin, qui \u00e9tait encore moiti\u00e9 campagne, moiti\u00e9 banlieue, il y avait une maison de jeunes, une authentique maison de jeunes avec des gens tr\u00e8s sympas ; il y avait des salles de r\u00e9p\u00e9tition et des concerts et donc, il y a 40 ou 50 ans, il y avait les premiers concerts de Magma.
\nEt moi, quand j\u2019ai vu \u00e7a, je me suis dit \u00ab c\u2019est quoi ce machin ? !\u00bb.
\nEt apr\u00e8s, il y a eu des trucs de rock, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 aimer et apr\u00e8s j\u2019ai \u00e9cout\u00e9, dans les voyages ult\u00e9rieurs, la radio, tr\u00e8s souvent le soir, dont une \u00e9mission embl\u00e9matique, le Pop-club de Jos\u00e9 Arthur, c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai d\u00e9couvert Led Zeppelin et plein d\u2019autres.
\nApr\u00e8s, le temps a pass\u00e9, j\u2019ai pass\u00e9 mon CAP de plombier, apr\u00e8s j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 tout, j\u2019ai fait des communaut\u00e9s, il y a longtemps tout \u00e7a…
\nEn fait, la musique, \u00e7a me faisait r\u00eaver, \u00e7a m\u2019amenait sur un autre terrain que je ne connaissais pas mais \u00e7a me faisait r\u00eaver, des fois c\u2019\u00e9taient les paroles qui me plaisaient beaucoup, mais c\u2019\u00e9tait ce genre de musique \u00e9trange, ce swing qui me passionnait.
\nEt puis apr\u00e8s, dans ma carri\u00e8re, comme on dit, je suis devenu directeur de maison de jeunes et, l\u00e0, on faisait des concerts, et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai d\u00e9couvert, entre autre, la musique trad ; j\u2019\u00e9tais au Pr\u00e9-Saint-Gervais, comme directeur adjoint, et il y avait un mec, qui s\u2019occupait de l\u2019IEO (Institut d\u2019Etudes Occitanes) ; on a fait avec lui des soir\u00e9es avec Rosina de Peira et sa fille, parce que moi j\u2019\u00e9tais ignare et, en fait, j\u2019ai trouv\u00e9 \u00e7a tr\u00e8s bien.
\nApr\u00e8s, j\u2019ai connu, parce que mes racines sont alsaciennes, des gens comme Roger Siffer, on a fait venir Gilles Servat, donc j\u2019ai entendu d\u2019autres sons de cloche. Et puis j\u2019ai connu d\u2019autres gens qui \u00e9taient branch\u00e9s jazz, free-jazz, un mec tr\u00e8s important, quelqu\u2019un qui a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9, c\u2019est Fran\u00e7ois Tusques, c\u2019est aussi toute la bande d\u2019Alan Silva.
\nA l\u2019\u00e9poque, dans la maison de jeunes o\u00f9 j\u2019\u00e9tais, il y avait Bratsch qui r\u00e9p\u00e9tait, c\u2019\u00e9taient des super copains. En fait, ce sont les autres qui m\u2019ont \u00e9duqu\u00e9, il faut vraiment aller voir les autres parce que tu apprends ce que tu sais pas. Tout seul, \u00e0 la maison, tu es consanguin, \u00e7a sert \u00e0 rien.
\nEt puis, dans ma vie, j\u2019ai eu la chance d\u2019\u00eatre ouvert, d\u2019\u00e9couter des musiques diff\u00e9rentes, j\u2019ai m\u00eame vu des concerts de musique contemporaine, \u00e7a s\u2019appelait l\u2019ensemble 2E2M, de Paul Mefano, j\u2019ai vu des trucs de Terry Riley, avec cinq pianos sur sc\u00e8ne. Alors pour moi, ce qui \u00e9tait magique, je comprenais rien, mais j\u2019ai pass\u00e9 du bon temps.
\nEt puis apr\u00e8s, avec le temps, bien plus tard, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre organisateur de concerts, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Pau, avec mon statut de directeur de la F\u00e9d\u00e9ration L\u00e9o Lagrange, on a fait des gros festivals ; et puis apr\u00e8s, je suis arriv\u00e9 \u00e0 la Compagnie Lubat o\u00f9, l\u00e0, j\u2019ai appris beaucoup de choses sur l\u2019humain, j\u2019ai vu des tas de musiques diff\u00e9rentes, des tas de fa\u00e7ons d\u2019oser les choses.<\/p>\n