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Le feuilleton du fifre – Entretien avec Xavier Borriglione

Monday February 24th, 2020 | Dossiers

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Dans ce nouvel épisode du « Feuilleton du fifre » Sylvain Roux s’entretient avec Xavier Borriglione.


1/Vous êtes flûtiste classique de formation, comment et pourquoi avez-vous souhaité pratiquer le fifre ?
Originaire de la vallée de la Vésubie, j’ai été sensibilisé dès ma prime enfance au son des fifres et tambours, synonyme de joie et de fête. La pratique du fifre est intimement liée à ma rencontre avec Ely Roubaudi qui a été un des acteurs majeurs (avec Zéphirin Castellon cf. question suivante), du renouveau du fifre et du tambour dans la vallée. Notamment au travers de son travail de transmission en direction des plus jeunes.

2/ Habitant la vallée de la Vésubie, je suppose que vous avez eu l’occasion de rencontrer le célèbre siblaire et carillonneur Zéphirin Castellon, quels souvenirs en avez-vous et quelles traces a-t-il laissé dans cette vallée ?
Zéphirin est pour moi l’autre acteur majeur du renouveau du fifre et du tambour dans nos vallées, à travers son travail de création musicale qui a attiré toute une génération de musiciens en herbe à siffler et chanter. Mes souvenirs sont très présents et forts. Zéphirin avait beaucoup d’affection pour le travail de bal occitan que nous avons menés avec le groupe Lu Rauba Capèu. C’était un homme ouvert et généreux. En témoigne le soutien qu’il a apporté au projet du groupe Mazamora qui a revisité ses chants et mélodies dans un style modernisé.


3/ Votre pratique de joueur de fifre vous a amené vers le théâtre, pouvez-vous évoquer cette démarche originale?
Le trait d’union ce sont les aubades : ces moments de musique itinérante de maison en maison durant les fêtes patronales des villages. Le comité des fêtes organisateur se déplace avec les musiciens chez chaque habitant. En échange de quelques morceaux de musiques livrés à domicile, chaque villageois garnit sa table et participe financièrement à l’effort d’organisation de la fête.
Ce sont des moments de grande convivialité où les souvenirs et les histoires fameuses refont surface. Pour moi cela a constitué ma source d’inspiration première.

4/ Quel regard portez-vous sur la pratique actuelle du fifre dans la vallée de la Vésubie et, d’une manière générale, en Provence ?
Cette pratique est bien vivace, à travers plusieurs groupes de plusieurs villages. Les comités des fêtes sont attachés à ce son traditionnel pour leurs événements festifs dans tout le comté de Nice où nous avons une pratique spécifique avec de petits groupes très festifs. En ce qui concerne la Provence (à l’ouest du fleuve Var, limite géographique à partir de laquelle la culture musicale du fifre et tambour change sensiblement), la pratique est aussi très vivace mais comporte des différences. Je rentre juste de la fête des fifres et tambours organisée cette année à Ivrea entre Turin et le Val d’Aoste où la Provence était bien représentée par les groupes de Saint-Tropez, Signes et Gémenos. Ces groupes comportent plus de musiciens, en costume traditionnel ou d’inspiration militaire. Leur répertoire est plus codifié, même si tous savent aussi partager des airs festifs en dehors des défilés.

5/ Vous êtes sophrologue, ressentez-vous des points communs entre ce métier et votre pratique artistique ?
La respiration en premier lieu, base de la pratique de la sophrologie et de l’instrument à vent. La sophrologie est également utilisée pour la préparation physique et mentale des activités artistiques. Je m’en sers beaucoup pour les représentations théâtrales seul en scène qui génèrent davantage de trac…

6/ Quels sont les nouveaux projets que vous souhaiteriez mettre en place, à l’avenir, autour du fifre ?
Je souhaiterais pouvoir intensifier les activités de transmission.
Fortifier les passerelles entre les régions où le fifre est pratiqué et notamment avec nos amis provençaux, ceux de la région de Bazas en Gironde et ceux du Piémont Italien voisin. Par exemple nous avons commencé à étudier la possibilité de constituer une délégation française inter groupes pour le carnaval d’Ivrea au mois de février 2019…
Je continue également à travailler la place du fifre dans mes activités de bal folk pour lui donner un son à la fois traditionnel mais en lui associant des rythmiques et des textures sonores plus modernes tout en respectant les cycles musicaux et les appuis rythmiques pour les danseurs.

Xavier Borriglione

Xavier Borriglione est né le 3 octobre 1969, à Nice. Après des études musicales (1er prix du conservatoire de Nice (Flûte en 1984 et musique de chambre en 1985) puis techniques (Diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Brest), il a exercé, pendant 16 ans, le métier d’ingénieur en télécommunications et, depuis 2004, il exerce celui de sophrologue, mais il n’a jamais trahi ses premières amours: la musique, qu’il pratique à travers plusieurs groupes. Originaire de la vallée de la Vésubie, il y vit avec ses enfants, y joue du fifre, y trouve des champignons. Un peu en marge des conditionnements de son époque, il y cherche une forme de vie plus humaniste. Son personnage de Toinou dau Gourc et les aventures qu’il lui fait vivre, c’est donc un peu de sa vie qu’il nous raconte. Mais au-delà de ce témoignage, c’est une forme d’idéal qu’il veut nous faire partager: l’aspiration à une vie simple dans laquelle l’humour et l’ouverture du cœur nous aideraient à surmonter nos peurs.
http://www.xavierborriglione.fr/bio.php
Sylvain Roux
Article proposé par Sylvain ROUX

Flûtiste de formation, Sylvain Roux pratique les musiques médiévale, Renaissance, baroque et classique de 1970 à 1980.
Titulaire du Diplôme d’Etat en musique traditionnelle, il est professeur au Conservatoire Municipal de Musique de Périgueux où il enseigne les musiques traditionnelles et improvisées ; il se spécialise aussi dans le Soundpainting avec Walter Thompson, François Jeanneau et Etienne Rolin. Il est également directeur artistique de L’insoliste, lieu de formation, de recherche et de diffusion autour des musiques traditionnelles et improvisées qu’il crée, en 2006, en Dordogne.

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